dimanche 26 février 2017

RUSALKA (1901) - Anton DVORAK (1841-1904) - En direct du MET de New York (25-02.2017) - au Pathé Beaugrenelle


La bien belle mais triste histoire d'une jolie nymphe des ondes amoureuse d'un humain :
Un conte qui finit mal...
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Rusalka a été donnée au Met il y a trois ans sous la direction du chef canadien Yannick Nézet-Séguin, avec Renée Fleming et Piotr Beczala, dans une mise en scène de Otto Schenk : voir ICI le compte-rendu de cette superbe soirée.

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Rusalka 2017
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Le point noir : la mise en scène...
On peut se demander pourquoi une nouvelle production qui n'apporte rien, absolument rien, bien au contraire...la belle et puissante partition de Dvorak n'a nul besoin d'un tel fatras...
Cette mise en scène de Mary Zimmerman est complètement dépassée, voire grotesque et sans aucune originalité...
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Le point fort, et c'est évidemment l'essentiel, la réussite complète de la représentation sur le plan musical :
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La musique de Dvorak se révèle pleine d'intensité dramatique sous la direction du chef britannique Sir Mark Elder...
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La distribution, y compris les seconds rôles, est tout à fait remarquable.
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Dans le rôle titre la soprano lettone
Kristine Opolais 
est absolument magnifique, vocalement, scéniquement...
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Le Prince est chanté par le ténor américain Brandon Jovanovich...
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Tous deux nous ont offert une scène finale absolument bouleversante...
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Le baryton-basse Eric Owens (Ondin, l'Esprit des eaux)...
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La mezzo-soprano Jamie Barton (Jezibaba, la sorcière)...

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La soprano suédoise Katarina Dalayman (La Princesse étrangère)...

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Et tous les autres qui seraient à citer...
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La célèbre "Romance à la lune"
 

 
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Présentation du spectacle ----) ICI
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jeudi 23 février 2017

LOVING - Jeff NICHOLS ( Réalisation & Scénario) - Etats-Unis - au Gaumont Convention (21.02.2017)

S'il est moins impressionnant que ses précédentes réalisations (je pense à Mud et Take Shelter) le dernier film de Jeff Nichols est de loin le plus émouvant.
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4,5 / 5
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Le film, inspiré d'une histoire vraie, se passe dans la Virginie de 1958, en pleine période de ségrégation : les lois de cet Etat interdisent les mariages mixtes...
Mildred et Richard Loving s'aiment et décident de se marier (dans un Etat voisin)...
Revenus vivre près de leurs familles, ils vont se trouver confrontés à l'Etat de Virginie qui décide de les poursuivre en justice...
Après dix ans d'acharnement judiciaire, les époux Loving finiront enfin par avoir gain de cause !
Leur histoire est à l'origine de l'abolition en 1967 par la Cour Suprême de l'interdiction inique des mariages mixtes.
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Outre une réalisation totalement maîtrisée et d'une sobriété exemplaire, ce film bouleversant bénéficie d'une distribution remarquable :
Mildred et Richard semblent tout proches de nous grâce à une interprétation étonnante.
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Ruth Negga (Mildred)...
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Joel Edgerton (Richard)...
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Jeff Nichols
né en 1978
Réalisateur Scénariste
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Auteur de :
Shotgun Stories (2007)
Take Shelter (2011) ----> ICI
Mud (2012) ----> ICI
Midnight Special (2016)
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dimanche 19 février 2017

DANS LA FORÊT - Gilles MARCHAND (Réalisation & Scénario avec Dominiik Moll) - France/Suède - au Montparnos (16.02.2017)

Insolite ! Déroutant !
Un père et ses deux enfants dans une forêt mystérieuse : entre conte fantastique, réalité, ou folie ?
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4 / 5
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Tom et son grand frère Benjamin retrouvent, pour les vacances, leur père divorcé qui vit en Suède...
Dés leur arrivée un malaise s'installe...
Le père, étrange (il dit à Tom qu'il ne dort jamais) et autoritaire, décide soudain de les emmener dans une immense forêt : il semble vouloir les isoler du monde et s'isoler lui-même :
 "La forêt c’est le projet du père. L’incarnation d’un idéal qu’il veut partager avec ses enfants. Il fallait qu’elle soit grande et forte, que le voyage soit beau et désirable, qu’il leur apporte des choses. Dans leur vie citadine, Tom et Ben n’ont jamais vu de tels endroits. Avec la pureté de ses paysages, ses grands espaces, ses arbres, ses lacs, la forêt suédoise contient cet idéal. C’est un décor magique et puissant. La forêt ne nous a pas attendus pour exister. Elle n’a pas besoin de nous. On peut s’y perdre." (Gilles Marchand)
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Dans cette forêt à la fois féerique et angoissante, le malaise devient chaque jour plus pesant : le père est de plus en plus mystérieux, parfois presque violent...
Benjamin, l'aîné, va réussir à s'échapper pour chercher du secours... 
Tom a des visions effrayantes, celles d'un homme au visage difforme ; son père pense qu'il a des dons surnaturels...
Le jeune garçon se retrouve livré à lui même, terrorisé, impuissant devant l'étrange comportement de son père...
Son père qui va finir par craquer et alors laisser place à un homme désemparé, perdu, qui va désespérément s'accrocher à son fils, pour finalement disparaître...
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Il est évident que la perception que l'on a d'un tel film change nécessairement d'un spectateur à l'autre, et c'est aussi ce qui en fait son intérêt et sa force...
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Le réalisateur a su, avec talent, créer un climat d'angoisse qui devient, au cours du film,
de plus en plus pesant...
Tous les interprètes sont très convaincants...
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Benjamin (Théo Van De Voorde) et le Père (Jérémie Elkaïm)...
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Tom (l'étonnant Timothé Vom Dorp)...

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Gilles Marchand
né en 1963 à Marseille
Scénariste, Réalisateur
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Il a réalisé deux longs métrages,
Qui a tué Bambi (2003)
L'Autre Monde (2010)
et
 écrit le scénario de nombreux films, dont notamment Harry, un ami qui vous veut du bien de Dominik Moll (2000).
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jeudi 16 février 2017

CE QUI DESIRAIT ARRIVER - Leonardo PADURA - Cuba - Editions Métailié (2016)

Leonardo Padura, le très grand écrivain cubain, peu connu en France..
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Un plaisir immense de découvrir ce recueil qui rassemble treize nouvelles écrites entre 1985 et 2009, dans le style remarquable qui est celui de l'auteur (excellente traduction de Elena Zayas) ...
Ces nouvelles, qui sont souvent, ainsi que le déclare un des personnages,
"un voyage vers la mélancolie",
brossent un portrait passionnant, émouvant et amer de la société cubaine.
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Présentation de l'ouvrage par l'éditeur :
"En quelques mots, on y est. Cuba, La Havane, comme un regret sans fond, comme la musique d’'un vieux boléro. Un doigt de rhum Carta Blanca (quand il en reste), soleil de plomb, solitude. Magie des décors qui n’'ont pas besoin de description, ou si peu.
Les héros de Padura sont des tendres ; ils se heurtent à la société, au destin, au temps qui passe ; à ce désir qu’'ont les choses, souvent, d’'arriver contre notre gré, sans nous consulter. Ainsi, les toits qui s'’effondrent, les pénuries de rhum, le départ intempestif d’'êtres aimés.
On trouve de tout dans ce recueil de nouvelles, amours bêtement gâchées, soldat en fin de mission à Luanda, archange noir, nuits torrides, jeunes gens désœuvrés, fonctionnaires désabusés, souvenirs cuisants...…
On trouve surtout le sel des romans de Leonardo Padura, sa marque de fabrique : l'’humanité qui irradie à chaque ligne, la nostalgie des vies qu’'on ne vit pas, et l’'art suprême de nous plonger dans une île qu’'on emporte toujours avec soi."
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Quelques extraits :
 
" - Comment ça s'est passé pour toi en Angola ?
- Tu sais...c'est une guerre. Mais le pire ce sont les souvenirs. Les gens passent leur vie à se rappeler Cuba et à faire des projets pour le jour où ils rentreront."
(Au fil du temps - 1985)
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"...Mon unique désir était de me saouler à mort pendant les sept derniers jours de cette année de merde, pour voir si la prochaine commencerait d'un meilleur pied et, au passage, pour ne pas avoir à rencontrer tous ces gens aussi mal barrés que moi, qui, malgré la faim, les coupures de courant, les maladies et la misère de cette année épouvantable, s'obstinaient à la terminer en faisant la fête, comme si elle le méritait et eux aussi."
(De la neige à Noël - 1990)

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"... il voyait les hommes accroupis, mâchonnant des herbes, qui observaient eux aussi ces femmes fanées en train de faire bouillir sur un feu de bois le yucca et le poisson pour le funche, tout en allaitant des enfants morveux et apathiques qui ne connaîtraient peut-être jamais l’existence du mot bonheur. Cette pensée l’obsédait aussi quand il parcourait les rues de Luanda, esquivant les tas d’ordures à tous les coins de rues, se retournant sur le passage des innombrables mutilés d’une guerre interminable et bien réelle qui l’obligeaient à se demander pourquoi, putain, il y avait des gens condamnés à vivre ainsi, tandis que lui, justement lui, il pouvait déambuler, sans rien attendre mais sans souffrir de la faim, dans cette ville malade et inhospitalière qui ne se livrait pas à lui, qui ne se laissait pas comprendre et dont il ne parvenait pas à imaginer le destin final."
(La Porte d'Alcalà - 1991)

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Leonardo Padura Fuentes
né à La Havane en 1955
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Ses précédentes publications en France :
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Hérétiques (2014) - voir ICI
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L'homme qui aimait les chiens (2011) - ICI
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L'écrivain réside toujours à La Havane dans le quartier populaire de Mantilla...
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(devant sa maison sur la photo de droite)

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Lors d'un passage à La Havane, en janvier 2012, nous nous sommes rendus à son domicile dans l'espoir de le rencontrer, malheureusement il était absent...
Néanmoins, grâce à la gentillesse de ses parents, nous avons pu avoir une dédicace d'un de ses livres La novela de mi vida (paru en France sous le titre "Le Palmier et l'Etoile") :
voir -----) ICI
 
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mardi 14 février 2017

CUBA - LA HAVANE (avril 2016) - LE PRADO - IMAGES

Le Prado (Paseo de Marti) descend du Parque Centrale vers le Malecon (le gigantesque front de mer)...
Cette prestigieuse avenue retrouve peu à peu son éclat d'antan, même s'il reste énormément à faire...
C'est une promenade privilégiée qui attire tout un monde souvent pittoresque de flâneurs, de badauds, de touristes...
Un lieu où le spectacle change constamment tout au long du jour !
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Le beau batiment clair est celui de l'Alliance Française (très active à Cuba)...

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(photos JCMEMO)

vendredi 10 février 2017

MOONLIGHT (2016) - Barry JENKINS (Réalisation & Scénario) - Etats-Unis - au Pathé Beaugrenelle (06.02.2017)

4,5 / 5
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Ce film est adapté d'une pièce de théâtre de Tarrell Alvin Mc Craney au bien joli titre "Sous la lune, les garçons noirs ont l'air bleu"...
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Elevé par une mère toxicomane dans Liberty City (un quartier difficile de Miami), Chiron se rend compte très jeune qu'il est différent, ce que les autres ne manquent pas de lui faire sentir par leur comportement à son égard, les insultes, voire même des coups...
Portrait d'un homme à la recherche de son identité, le film nous montre le parcours difficile et douloureux qui attend Chiron, après la découverte de son homosexualité, de son l'enfance jusqu'à l'âge adulte.
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Il faut saluer le réalisateur qui a réussi, avec habileté, à ne pas tomber dans les pièges et les clichés (pourtant presque inévitables) qui auraient pu découler d'une telle histoire.
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Superbes images, belle bande musicale, remarquable interprétation...
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PERSONNAGES
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Chiron enfant (Alex R.Hibbert) et Kevin, un copain (Jaden Piner)...
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Chiron adolescent (Ashton Sanders)...
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Chiron adulte (Trevante Rhodes)
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Paula, la mère (Naomie Harris)...
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Juan (Mahershala Ali) : le dealer bienveillant qui tente de lui donner confiance, un peu son père de substitution...
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Kevin adolescent (Jharrel Jérôme)
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Après des années, Chiron et Kevin (André Holland) vont se retrouver à l'âge adulte...

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Barry Jenkins
né en 1979 à Miami
Réalisateur, Scénariste, Acteur...
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Entouré de ses trois interprètes...
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Tout comme le héros de son film, il a grandi à Miami dans le quartier de Liberty City...
Moonlight est son second long métrage après Medicine for Melancholy (non sorti en France)
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