lundi 30 janvier 2017

LA LA LAND - Damien CHAZELLE (Réalisation & Scénario) - Etats-Unis - au Gaumont Convention (27.01.2007)

7 récompenses aux Golden Globes 2017...
Prés de 20 nominations pour les Oscars à venir...
Un accueil critique globalement enthousiaste, en dépit de quelques voix discordantes pour lesquelles La La Land ne serait qu'un "nanar" géant !
Peut-être que le film de Damien Chazelle ne mérite "ni cet excès d'honneur ni cette indignité" ? 
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Personnellement j'ai beaucoup aimé : étonné et ravi qu'un aussi jeune réalisateur témoigne dans son film, avec talent et virtuosité, de son amour (que je partage...) à la fois pour les comédies musicales dites "à l'ancienne" (Donen, Minelli, Demy...) et pour la vraie musique de jazz !
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4,5 / 5
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Le film évoque la rencontre, puis l'amour, de Mia, une jeune actrice, et de Sébastian, un pianiste de jazz...
Tous deux rêvent de devenir célèbres...
Le destin finira par les séparer dans une fin mélancolique qui rappelle celle tout aussi morose des "Parapluies de Cherbourg" de Jacques Demy...
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Les deux interprètes sont nominés pour les prochains Oscars :
Emma Stone est Mia...
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Ryan Gossling, particulièrement à l'aise, est Sebastian...
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Damien Chazelle
né en 1985
Réalisateur, Scénariste
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Il est l'auteur de l'excellent WHIPLASH (sur ce blog)
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samedi 28 janvier 2017

L'AMIE PRODIGIEUSE - Elena FERRANTE - Italie - Folio n°6052

La saga d'Elena Ferrante, qui couvre la période des année 50 à nos jours a fait un tabac en Italie, comporte quatre tomes...
Beau succès également en France, grâce au bouche à l'oreille (les trois premiers volumes sont parus)...
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Même si je ne partage pas complètement l'enthousiasme général, j'ai tout de même apprécié ce premier tome qui narre l'enfance et l'adolescence des deux héroïnes :
L'histoire d'une amitié passionnée qui va naître entre Elena et Lila...
Mais aussi un tableau de l'Italie des années 50 à travers l'évocation d'un quartier populaire de Naples où elles vivent...
Autour d'elles gravite toute une galerie de personnages où l'on se perd quelque peu (fort heureusement, l'auteur a prévu un index...)
J'ai trouvé que tout cela était intéressant mais parfois trop anecdotique et qu'il y manquait un peu de force, de passion.
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En résumé un livre que j'ai lu facilement, sans ennui, mais sans être vraiment captivé...
Mais attendons la suite ! ...si toutefois je me décide...
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Au cours de ma lecture j'ai pensé quelquefois au très beau livre de Silvia Avallone "D'Acier" (voir ICI) qui narre une histoire un peu similaire.
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Quelques extraits de l'Amie Prodigieuse :

 
"Je ne suis pas nostalgique de notre enfance: elle était pleine de violence. C'était la vie, un point c'est tout: et nous grandissions avec l'obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile."
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"Elle avait ce qui me manquait et vice versa, dans un perpétuel jeu d’échanges et de renversements qui, parfois dans la joie, parfois dans la souffrance, nous rendait indispensable l’une à l’autre."
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"C'est quoi pour toi,"une ville sans amour"?
-C'est une population qui ne connaît pas le bonheur.
"L'Italie pendant le fascisme, l'Allemagne pendant le nazisme, nous tous, les êtres humains, dans le monde d'aujourd'hui."
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"Ce que c'était, la plèbe, je le sus à ce moment-là, beaucoup plus clairement que quand Mme Oliviero me l'avait demandé des années auparavant. La plèbe, c'était nous. La plèbe, c'étaient ces disputes pour la nourriture et le vin, cet énervement contre ceux qui étaient mieux servis et en premier, ce sol crasseux sur lequel les serveurs passaient et repassaient et ces toasts de plus en plus vulgaires. La plèbe, c'était ma mère, elle avait bu et maintenant se laissait aller contre l'épaule de mon père qui restait sérieux, et elle riait, bouche grande ouverte aux allusions sexuelles du commerçant en ferraille."
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"Ce fut comme franchir une frontière. Je me souviens d'une foule dense de promeneurs et d'une différence qui était humiliante. Je ne regardais pas les garçons, mais les filles et les femmes : elles étaient totalement différentes de nous. Elles avaient l'air d'avoir respiré un autre air, d'avoir mangé des aliments différents, de s'être habillées sur une autre planète et d'avoir appris à marcher sur des souffles de vent."
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Elsa Ferrante
Auteur(e) italien(ne) 
 serait né(e) en 1943 à Naples...
Elle(il) ne parait jamais en public :
"Je crois que les livres, une fois qu'ils sont écrits, n'ont pas besoin de leurs auteurs."
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J'ai lu qu'elle(il) aurait choisi son pseudonyme proche de Elsa Morante, en hommage à cette grande écrivaine italienne, auteure notamment du remarquable L'Ile d'Arturo (voir ICI)
 
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mercredi 25 janvier 2017

OUVERT LA NUIT - Edouard BAER (Réalisation & Scénario avec Benoît Graffin) - France - au Montparnos (24.01.2017)


Le film d'Edouard Baer, très bien accueilli par la presse, ne m'a pas vraiment enthousiasmé...
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3 / 5
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Les tribulations d'un directeur de théâtre à la veille d'une première...
Edouard Baer précise :
"C’est une déambulation nocturne. C’est une nuit dans Paris d’un directeur de théâtre, comme ça pourrait être un directeur de journal ou autre. C’est un type qui fait vivre tout un monde d’employés, d’artistes et tout ça tous les soirs, il court à la recherche de quoi ne pas faire faillite quoi comme beaucoup de patrons. C’est aussi un petit hommage à ça, cette vie de café, cette vie de hasards. C’est quelqu’un qui vit dans Paris, Paris c’est son bureau. La nuit, c’est un peu comme nos journées. Il a des histoires d’amitiés comme on a des histoires d’amour. C’est un portrait de personnages."
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Le film est sympathique : de bonnes répliques, quelques moments touchants,
Un Paris nocturne transfiguré par une superbe photographie...
Par contre j'ai trouvé le film très (trop...) bavard et je n'ai pas aimé Edouard Baer qui devient vite exaspérant, tant il en fait des tonnes, dans son interprétation du directeur de théâtre...
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Parmi ses partenaires :
Sabrina Ouazani...
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Audrey Tautou...
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(en haut à gauche Michel Galabru dans son dernier rôle)
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lundi 23 janvier 2017

ROMEO & JULIETTE (1867) - Charles GOUNOD (1818-1893) - En direct du MET Opéra de New York (21.01.2017) - au Pathé Beaugrenelle

Très bonne soirée au Met (pour moi la meilleure depuis le début de la saison)...

Sous la direction musicale (enlevée..) du maestro italien Gianandrea Noseda...
Une production très réussie (donnée également à Salzbourg et à la Scala) de Bartlett Sher qui a situé l'action au 18ème siècle :
Excellente direction d'acteurs,
Ingénieux décor modulable (Michael Yeargan) qui permet de passer sans heurts d'un tableau à l'autre,
Superbes costumes de Catherine Zuber
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Présentation du spectacle...



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La distribution, dans son ensemble, est très convaincante.
Quelques personnages...
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La basse russe Mikhael Petrenko : impressionnant Frère Laurent...
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Le jeune baryton canadien Elliot Madore (à droite) est un fougueux Mercutio...
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Une prise de rôle tout à fait réussie pour la soprano allemande Diana Damra (déjà applaudie au Met dans Les Pêcheurs de Perles, Le Comte Ory, Rigoletto) dans le rôle de Juliette.
La voix est très belle, mais toutefois j'ai été un peu gêné, surtout au 1er acte, par des minauderies bien inutiles (accentuées par les gros plans de la prise de vue, sans doute moins perceptibles en salle ?)...
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Aucune réserve pour la performance exceptionnelle du ténor italien Vittorio Grigolo qui domine la représentation de bout en bout vocalement et scéniquement.
Si l'on ajoute que sa prononciation du français est parfaite, on peut dire que l'on tient un Roméo idéal...
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Extrait duo (acte IV) ---) ICI
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dimanche 22 janvier 2017

Piotr BECZALA - WERTHER - "Pourquoi me rèveiller..." - BIS au Gran Teatre del LICEU

Le ténor polonais enflamme le public du Liceu dans son interprétation de Werther...
Bis capté lors de la représentation du 15 janvier 2017...


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Ici avec Anna Maria Antonacci, sa partenaire (dans le rôle de Charlotte) au Liceu...

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Piotr Beczala a également interprété Werther à l'Opéra Bastille en janvier 2016.
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C'est un chanteur que j'aime beaucoup...
Je l'ai entendu notamment (en retransmission du Met de New-York) dans
Eugène Onéguine 
Rusalka
Manon (Massenet)
Rigoletto
J'ai eu également la chance de l'applaudir dans le Faust de Gounod à l'Opéra Bastille : voir ICI
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vendredi 20 janvier 2017

CAMUS, L'ART DE LA REVOLTE (2016) - Abd Al MALIK - France - Fayard

Camus le sauveur !
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Sans doute que Albert Camus aurait apprécié le bel et émouvant hommage que lui rend Abd Al Malik, le rappeur, enfant d'une cité de Strasbourg...

"J'ai rencontré Camus à l'âge de douze ans, dans un ascenseur qui sentait l'urine, dans le hall de mon immeuble, dans ma cité au Neuhof, à Strasbourg. A cette époque, l'héroïne était partout. Mais, même si cela n'allait pas tarder, personne n'était encore mort."
 
"Je voyais déjà Camus comme un grand de ma cité. Un de ceux qui traînent au bas de l'immeuble. Pas ces autres, débraillés, qui vendent de la drogue, braquent des banques ou fument du shit tous les jours en vociférant. Non, il est de ceux assis juste à côté d'eux, et dont la sagesse en impose. Silencieux, leurs mots sont pesés, leurs gestes réfléchis. Chacun de leurs actes est un de ces diamants bruts qui irradient les halls, rythment les après-midi trop longs à attendre on ne sait quoi".
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Dans ce "petit" livre où alternent narration en prose, textes de rap et citations de Camus, l'auteur exprime, avec talent, toute la reconnaissance qu'il a envers celui qui lui a servi de guide, de modèle, en soulignant également combien la pensée de l'écrivain algérien était toujours d'actualité...


"Camus, comme un tuteur qui permet à l’éternel exilé, à tous les déracinés, de pousser droit". 
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Autres extraits :

« Dans une France où une figure internationale, médiatique, cohérente, courageuse, cherchant sans relâche un consensus pertinent et incarnant la grandeur des idéaux intellectuel et humaniste, est totalement absente, voici mon frère, voici notre héros : Albert Camus. »
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 "La littérature de Camus, c'est l'histoire que ne nous racontent pas les chaînes d'info en continu, la série que ne diffuse aucune chaîne de télé ou plate-forme de streaming, le film qu'aucun complexe de ciné ne projette et
dont pourtant tous les spectateurs du monde saisissent intimement l'urgence et la portée. le cinéma-vérité de Camus n'est donc jamais un combat d'opinion, mais un combat d'implication. Dans cette idée, il n'y a pas de vérité incontestable sans volonté de justice pour tous".
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Abd Al Malik rend également hommage à Camus dans un spectacle musical...
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court extrait d'une répétition...
 

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Abd Al Malik
né en 1975
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Rappeur, Compositeur, Ecrivain, Réalisateur
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Un long métrage réalisé en 2014 :


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Sur Abd Al Malik voir wikipedia ---) ICI
 
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mercredi 18 janvier 2017

LE DIVAN DE STALINE - Fanny ARDANT (Réalisation/Scénario) - France/Portugal - au Gaumont Convention (16.01.2017)

J'ai bien aimé le film de Fanny Ardant (plutôt mal accueilli...).
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4 / 5
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Le divan de Staline est une adaptation du roman éponyme de Jean-Daniel Baltassat (non lu).
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Trois personnages qui se retrouvent dans un curieux palais d'une ville d'eau :
Staline vieillissant qui se repose sur les conseils de ses médecins...
Lidia, sa maitresse qui a fait venir...
 Danilov, un jeune peintre chargé d'un projet de monument d'éternité à la gloire du "petit père des peuples.
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Par le décor, la lumière, les bruits et la musique, la réalisatrice a parfaitement réussi à créer une ambiance mystérieuse et pesante où l'angoisse et la peur sont toujours présentes...
C'est dans cette atmosphère particulière que des rapports troubles et pervers se nouent entre les personnages, trois égarés du plus puissant au plus lâche...
En face d'un Staline, imprévisible, tour à tour violent, ironique, désabusé et tourmenté,
Lidia est soumise, résignée,
 Danilov est anxieux, confronté au dilemme de l'artiste entre l'obéissance ou la rébellion, il va devoir choisir.
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L'interprétation est absolument remarquable...
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Emmanuelle Seigner, superbe de retenue, est Lidia...
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Paul Hamy exprime avec une extrême sensibilité la fragilité de Danilov...

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Depardieu est grandiose dans le rôle de Staline...
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Le film a été tourné au Château de Buçaco au Portugal. A cet égard Fanny Ardant précise :
"Ce château de "Barbe bleue" était exactement un lieu en dehors de tout contexte. Je voulais raconter l’histoire dans une unité de temps de lieu et d’action. Les grilles du château s’ouvrent au début, comme "il était une fois" et se referment à la fin de l’histoire. Entre le conte et la fable".
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Fanny Ardant
née en 1944
Actrice, Réalisatrice, Scénariste
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voir ICI sur Wikipedia
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dimanche 15 janvier 2017

CUBA - BARACOA (mars 2016) - CHEZ COTEO - TORTUE & TETI - AMAZONE & ZUNZUN

Invitation chez Coteo et Yudi...
Coteo est employé à temps partiel dans un organisme d'Etat et exploite une ferme (finca)
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Une journée magnifique & un repas "somptueux"...
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La table est dressée en pleine nature... 
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 L'accueil est assuré par une belle Amazone, recueillie par Yudi il y a quelques années, alors que toute jeune elle était tombée d'un arbre : complètement apprivoisée elle vit dans la finca en toute liberté, sans jamais chercher à s'enfuir. Lorsque Yudi, alors qu'elle s'est absentée, revient, l'amazone l'accueille avec des cris stridents...

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Dans le menu deux découvertes également appréciées : tortue et surtout des teti.
Les teti ne se trouvent qu'à Baracoa : ce sont des petits poissons transparents pêchés avec de grands filets très fins aux embouchures des cours d'eau et que l'on déguste crus et assaisonnés (ce que nous avons fait) ou en fritures ou ragouts.
Un petit film trouvé sur le web...


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Le buffet : le rhum "Caney" apprécié de tous est indispensable. Assiette de teti à droite ...

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Le repas va s'achever : dernière rasade (la bouteille est vide)...
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Visite du fils avec un copain...

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En route pour une promenade digestive...
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...à travers la finca où l'on trouve de tout, entre autres des caféiers,
des bananiers...

des cacaoyers (ci-après montage avec des fèves diversement colorées selon le stade de mûrissement)...
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Et peut-être le clou de la journée : Coteo nous fait découvrir un nid de zunzun (une espèce de colibris endémique de Cuba) que j'ai du mal à photographier avec mon petit numérique...

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(photos JCMEMO)

lundi 9 janvier 2017

NABUCCO (1842) - Giuseppe VERDI (1813-1901) - En direct du MET Opéra de New York (07.01.2017) - au Pathé Beaugrenelle


Nabucco a été créé à la Scala de Milan en 1842 : c'est le premier grand succès de Verdi.
Le Met nous en a donné une représentation honorable, sans grande surprise...
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Sous la direction passionnée de James Levine, l'orchestre a sonné magnifiquement, notamment dans la spectaculaire ouverture...

James Levine, depuis 40 ans directeur musical du Met, va abandonner son poste cette année, pour des raisons de santé.
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Le "nouveau" baryton Placido Domingo a assuré le rôle titre avec conviction, même si la voix manque parfois un peu d'éclat : mais il est vrai qu'à 76 ans c'est tout de même une belle performance...

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Déçu par contre par la prestation bien terne de Dmitri Belosseelskiy dans le rôle (très important) de Zaccaria...
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Impressionné par la puissance, la beauté et l'étendue de la voix de la soprano ukrainienne Liudmyla Monastyrska (Abigaille)...

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Bonnes prestations également de la mezzo Jamie Burton (Fenena) et du ténor Russel Thomas (Ismaël)...
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Je n'ai pas du tout aimé la mise en scène du réalisateur australien Elijah Moshinsky :
Si le dispositif scénique tournant astucieux permet de passer avec facilité d'un tableau à l'autre...
La direction d'acteurs est "inexistante" et les protagonistes semblent errer comme des âmes en peine sur le plateau.
Si l'on ajoute que les costumes ne sont pas toujours très réussis, voire parfois ridicules, l'opéra perd ainsi beaucoup de crédibilité...
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Un court extrait du fameux chœur des esclaves hébreux bissé lors de la représentation...
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Le Va Pensiero est devenu l'emblème du Risorgimento italien...
Il a été également bissé à l'opéra de Rome le 12 mars 2011 (150ème anniversaire de la création de l'Italie)...
En présence de Berlusconi, Ricardo Muti, après une déclaration contre les coupes budgétaires, a fait reprendre le Va Pensiero en invitant le public à se joindre aux choristes...
Voir sur ce blog ---) ICI
 
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