lundi 16 octobre 2017

LA FLÛTE ENCHANTEE (1791) - W.A.MOZART (1756-1791) - en direct du MET de New York (14.10.2017) - au Pathé Beaugrenelle

Ce ne fut pas vraiment une soirée enchanteresse !
Mais je dois préciser que "La Flûte Enchantée" ne fait pas partie de mes opéras favoris : je le trouve même assez ennuyeux (surtout au second acte)...
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Quelques impressions (très personnelles...) sur cette représentation...
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Sous la direction musicale de James Levine (après une ouverture conduite quelque peu au pas de course, m'a-t-il semblé, tout s'arrange...)
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Dans une production de Julie Taymor : sa mise en scène foisonnante, colorée, spectaculaire, belle mais parfois aussi ridicule, capte un peu trop l'attention...

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Charles Castronovo, pas très à l'aise scéniquement, semblait de plus chanter Tamino comme du Verdi...
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On est toujours un peu éberlué à écouter le feu d'artifice de vocalises de la Reine de la nuit (Katryn Lewek)...
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Le rôle de Papageno semble avoir été fait pour le baryton autrichien Markus Werba, virevoltant à souhait, drôle, en un mot excellent...

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Excellente prestation également de la soprano sud-africaine Golda Schultz (superbe Pamina)...
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J'allais oublier René Pape (Sarastro) qui ne déçoit évidemment pas...
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Présentation du spectacle...

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samedi 14 octobre 2017

DETROIT - Kathryn BIGELOW (Réalisation) - Mark Boal (Scénario) - Etats-Unis - au Gaumont Aquaboulevard (13.10.2017)

Entre documentaire et fiction, un film "coup de poing" sans doute nécessaire qui évoque les émeutes de Detroit, une tranche sanglante de l'histoire des Etats-Unis (43 morts, 467 blessés, 7200 arrestations),
Un film chaleureusement accueilli par une critique enthousiaste...
Pourtant je n'ai pas été vraiment convaincu...
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3,5 / 5
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Synopsis :


"Été 1967. Les États-Unis connaissent une vague d’émeutes sans précédent. La guerre du Vietnam, vécue comme une intervention néocoloniale, et la ségrégation raciale nourrissent la contestation.
À Detroit, alors que le climat est insurrectionnel depuis deux jours, des coups de feu sont entendus en pleine nuit à proximité d’une base de la Garde nationale. Les forces de l’ordre encerclent l’Algiers Motel d’où semblent provenir les détonations. Bafouant toute procédure, les policiers soumettent une poignée de clients de l’hôtel à un interrogatoire sadique pour extorquer leurs aveux. Le bilan sera très lourd : trois hommes, non armés, seront abattus à bout portant, et plusieurs autres blessés…"
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Incontestablement le film est remarquablement réalisé et bénéficie d'une excellente distribution...
Pourquoi alors ai-je ressenti cet ennui et même un sentiment de malaise ?
Peut-être en raison de séquences trop longues, de violence excessive, de personnages pas toujours crédibles???
Ainsi les scènes de torture physique et morale dans le motel Algiers, interminables et répétitives, finissent par perdre de leur impact...
Ainsi le personnage du jeune policier blanc sadique, beaucoup trop caricatural, devient très vite un pantin risible...
Ainsi...Ainsi...
Mais j'arrête car tout cela ferait presque oublier qu'il y a dans le film des moments admirables :
Ainsi l'émouvante évocation du chanteur Larry Reed (Algie Smith) du groupe The Dramatics...
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Parmi les autres acteurs :
John Boyega (Dismukes)...
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Anthony Mackie (Greene)...
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La bande annonce...


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Kathryn Bigelow
née en 1951
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Son film Démineurs 
a triomphé aux Oscars 2010 (notamment meilleur film, meilleure réalisation...)
Voir ICI
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jeudi 12 octobre 2017

HAPPY END - Michael HANEQUE (Réalisation & Scénario) - France/Allemagne/Autriche - au Gaumont Convention (09.10.2017)

"Famille je vous hais"....
(André Gide, Les nourritures terrestres, 1897)
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4 / 5
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Synopsis :

"Tout autour le Monde et nous au milieu, aveugles." Instantané d’une famille bourgeoise européenne.
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La satire glaçante d'une famille bourgeoise fortunée : mensonges, égoîsmes, souffrances...
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Quelque peu désemparé au départ (la structure du film ?), j'ai été très vite "subjugué" par l'histoire de cette famille qui se déchire et se délite peu à peu...
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Outre la force de sa réalisation (certaines scènes sont inoubliables) le film bénéficie d'une interprétation exceptionnelle : des comédiens magistralement dirigés, parmi eux ...
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Jean-Louis Trintignant (Georges)
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Isabelle Huppert (Anne)
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Mathieu Kassowitz (Thomas)
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Fantine Harduin (Eve)
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Franz Rogowski (Pierre)
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La bande annonce...
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<< "Happy end" parle de notre indifférence totale au sort des autres. Dans la famille d'abord mais aussi dans l'entreprise, vis-à-vis de ses employés ou même de l'étranger. C'est pour cela que j'ai situé l'action à Calais ; c'était le meilleur moyen pour traiter de ce problème sans être obligé de le montrer. >> 
(Michael Haneque)

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Michael Haneke et ses interprètes à Cannes (2017):
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Sur ce blog voir "Amour" (2012) ---)   ICI


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lundi 9 octobre 2017

NORMA (1831) - Vincenzo BELLINI - En direct du MET de New York (07.10.2017) - au Pathé Beaugrenelle

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Un trio de choc pour un opéra sublime !
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Bellini est, parmi les compositeurs lyriques, l'un de de mes grands favoris (on ne peut que regretter sa mort prématurée après une brève carrière de 10 années...),
Norma étant, dans son oeuvre, l'opéra que je préfère...
C'est dire que j'attendais beaucoup de cette représentation et je n'ai pas été déçu !
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Une direction musicale nuancée, tour à tour spectaculaire et sensible, sous la baguette du chef italien Carlo Rizzi...
Une mise en scène traditionnelle de l'écossais Sir David McVicar...
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Le rôle de Norma est considéré comme l'un des plus difficiles du répertoire :
"C'est l'Everest de l'Opéra" selon la soprano Renata Scotto...
Il faut oublier ses petits problèmes de départ (le trac sans doute ?), d'ailleurs très vite maîtrisés, et saluer l'exceptionnelle prestation de la soprano américano-canadienne Sondra Radvanovsky...
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Deux partenaires tout aussi remarquables :

La mezzo-soprano américaine Joyce DiDonato en grande forme (Adalgisa)
et
le ténor maltais Joseph Calleja au timbre ensoleillé (Pollione)...


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Tous les trois nous ont donné une suite de scènes (solos, duos, trios) fabuleuses : Ecouter ICI le sublime trio du premier acte...
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Une ovation debout du public enthousiaste a salué, à juste titre, une éblouissante et bouleversante scène finale...
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Présentation du spectacle...
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Norma un rôle fétiche pour Marias Callas...



Ecouter le célébrissime "Casta Diva"  sous la direction de Tullio Serafin (1954)
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Vincenzo Bellini
né à Catane en 1801
mort à Paris en 1835
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Voir sur ce blog  "La Somnanbule"

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samedi 7 octobre 2017

CONFIDENT ROYAL - Stephen FREARS - (Réalisation) - Lee Hall (Scénario) - Grande-Bretagne - au Gaumont AquaBoulevard (05.10.2017)

La Reine et l'Indien
Délicieusement "british" !
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4 / 5
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Synopsis :
"L’extraordinaire histoire vraie d’une amitié inattendue, à la fin du règne marquant de la Reine Victoria. Quand Abdul Karim, un jeune employé, voyage d’Inde pour participer au jubilé de la reine Victoria, il est surpris de se voir accorder les faveurs de la Reine en personne.
Alors que la reine s’interroge sur les contraintes inhérentes à son long règne, les deux personnages vont former une improbable alliance, faisant preuve d’une grande loyauté mutuelle que la famille de la Reine ainsi que son entourage proche vont tout faire pour détruire.
A mesure que l’amitié s’approfondit, la Reine retrouve sa joie et son humanité et réalise à travers un regard neuf que le monde est en profonde mutation."
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Adaptation du livre de Shrabani Basu "Victoria and Abdul..." (2010) qui serait basé sur les journaux intimes de la la reine et d'Abdul...
Quelle est la part de la vérité ?
Peu importe...
J'ai été séduit par cette histoire d'amitié incroyable...
Un film à la belle réalisation classique...
Où se succèdent tour à tour sourire, tendresse, émotion...
Qui est aussi une savoureuse satire de la Cour britannique...
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L'exceptionnelle prestation de Judi Dench en Reine Victoria vieillissante vaut à elle seule le déplacement...
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Ali Fazal est excellent dans le rôle de Abdul...
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La bande annonce...

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Stephen Frears
né en 1941



Voir ICI sur ce blog 
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mardi 26 septembre 2017

CITY ON FIRE (2015 ) - Garth Risk HALLBERG - Etats-Unis - Le Livre de Poche n° 34471

Un "pavé" de 1200 pages !
Un record pour un premier roman...
Un exploit aussi pour le lecteur qui réussit à "l'avaler" en entier...
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Présentation par l'Editeur :

"31 décembre 1976. New York se prépare pour le réveillon. Chez les Hamilton-Sweeney, Felicia accueille financiers et mondains tandis qu’à l’autre bout de la ville, dans le Lower East Side, Charlie attend Samantha pour assister à un concert punk. À quelques encablures de là, dans Hell’s Kitchen, Mercer Goodman tourne et retourne un délicat carton d’invitation. Et s’il se rendait à la réception des Hamilton-Sweeney pour retrouver Regan, cette sœur que William, son amant, lui a toujours cachée ? Bientôt, des coups de feu retentissent dans Central Park. Une ombre s’écroule dans la neige.
Comment ces personnages sont-ils tous reliés à ce drame ? Alors que rien ne les prédestinait à se rencontrer, leurs histoires ne vont cesser de se croiser jusqu’au blackout du 13 juillet 1977 à New York."
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Une fresque fascinante sur le New York des années 70...
Démesurée à l'image de la ville...
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J'avoue qu'au début, quelque peu désorienté par la multitude des personnages, j'ai pensé abandonner...
Fort heureusement la curiosité l'a finalement emporté et je me suis plongé avec plaisir dans la lecture de ce "monument" captivant...
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Un Extrait :

"L'été à New York, les nuages au-dessus de la tête prenant une teinte cuivrée, un Noir et sa trompette qui jouait pour quelques sous près de la bouche de métro, les autobus qui chaloupaient et se reflétaient dans les façades des gratte-ciel, comme si Dieu l'avait appelé personnellement au téléphone pour lui dire : C'est ta ville. Il avait toujours cru que c'était ce sentiment qui l'avait amené jusqu'ici. Mais si le temps fonctionnait en sens inverse ? Si ce que ressentait alors ce moi adolescent était le fantôme de son moi présent, assis sur un banc affaissé, qui lui présentait son avenir ? Il croisa les mains et se toucha le front. Il sentait presque le regard de son père posé sur lui, noyé d'alcool. Mais quand il se tourna pour chercher ces yeux, il ne vit aucun fantôme. C'était un adolescent aux cheveux roux, terriblement mal coupés, qui le fixait à travers les barreaux en fer forgé."

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Garth Risk Hallberg
né en 1978

 
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lundi 25 septembre 2017

FAUTE D'AMOUR - Andreï ZVIAGUINTSEV (Réalisation & Scénario avec Oleg Neguine) - Russie - au Gaumont Convention (22.09.2017)

Après Leviatan...
Un nouveau chef-d'œuvre de Andreï Zvyagintsev !
Prix du Jury au Festival de Cannes 2017 (un lot de consolation pour un film d'une telle envergure...)
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5 / 5
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Synopsis :

"Boris et Genia sont en train de divorcer. Ils se disputent sans cesse et enchaînent les visites de leur appartement en vue de le vendre. Ils préparent déjà leur avenir respectif : Boris est en couple avec une jeune femme enceinte et Genia fréquente un homme aisé qui semble prêt à l’épouser... Aucun des deux ne semble avoir d'intérêt pour Aliocha, leur fils de 12 ans. Jusqu'à ce qu'il disparaisse."
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Un enfant désespéré, oublié par des parents qui se déchirent....
Dans le contexte d'une Russie qui a perdu son âme, une Russie qui est passée, comme il est dit dans le film, de Pouchkine à Poutine...
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Peut-on vraiment vivre sans amour ?

Ce film en tous points remarquable, impressionnant, est tout à la fois un douloureux drame intime et au-delà une allégorie féroce d'un monde déshumanisé...

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Marianna Spivak (Genia)...


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Alexeï Rozine (Boris)...
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Matveï Novikov (Aliocha)...


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la bande annonce...

 
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Andreï Zvyagintsev (né en 1964)

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Ses films :
Le Retour (2003)

Le Bannissement (2008)
Elena (2012) - voir ICI
Leviathan (2014) - voir ICI


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mercredi 20 septembre 2017

GOOD TIME - Josh et Benny SAFDIE (Réalisation) - J. Safdie et R. Bronstein (Scénario) - Etats-Unis - au Gaumont Aquaboulevard (18.09.2017)

Une descente aux enfers, l'espace d'une nuit new-yorkaise...
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4 / 5
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Synopsis :
"Après un braquage raté, Connie réussit à s'enfuir mais son frère handicapé, Nick, est arrêté.
Alors qu'il tente de réunir la caution pour libérer son frère, Connie voit une autre option s'offre à lui : le faire évader. Commence alors dans les bas-fonds de New York, une longue nuit sous adrénaline."
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Connie, un curieux personnage que ce délinquant qui, en voulant aider les autres, les conduit à la catastrophe...
Ainsi il refuse le placement de Nick, son frère autiste, dans une institution spécialisée et va l'entraîner dans un braquage...
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Une course nocturne contre la montre...
Une cavale sans espoir dans un New York hallucinant...
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Quelque peu mal à l'aise, désorienté, j'ai fini par aimer ce sombre et étrange polar (sans fusillade...) et à m'attacher à ces marginaux écorchés .......
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Réalisation virtuose (notamment la manière dont les protagonistes sont filmés au plus prés)...
Superbe photographie...
Bande musicale impressionnante...
Interprétation parfaite...
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La prestation de Robert Pattinson dans le rôle de Connie est remarquable...

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Touchante composition de Benny Safdie (le co-réalisateur) dans le rôle de Nick, le frère autiste...

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La bande annonce...


 

 
 
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dimanche 17 septembre 2017

NOS ANNÉES FOLLES - André TECHINE (Réalisation & Scénario avec Cédric Anger) - France - au Gaumont Convention (14.09.2017)

Un très bon cru "Téchiné" sur un sujet audacieux et troublant...
Traité avec virtuosité et émotion...
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4,5 / 5
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Synopsis :
"La véritable histoire de Paul qui, après deux années au front, se mutile et déserte. Pour le cacher, son épouse Louise le travestit en femme. Dans le Paris des Années Folles, il devient Suzanne. En 1925, enfin amnistié, Suzanne tentera de redevenir Paul…"
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A l'origine de l'intrigue une histoire vraie relatée dans le roman "La garçonne et l'assassin" de Fabrice Virgili et Danièle Voldman (Stock 2011) la bande-dessinée "Mauvais genre" de Chloé Cruchaudet (Delcourt 2013).
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Remarquablement réalisé (tour à tour théâtral, lyrique, réaliste...) le film de Téchiné est à la fois une réflexion sur l'identité et l'histoire d'une passion déchirante...

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Pierre Deladonchamps réussit une étonnante composition du personnage complexe de Paul/Suzanne...

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Céline Sallette est sa femme Louise, déterminée et passionnée...


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André Téchiné :
"C'était un récit d'une telle folie qu'il fallait inclure le mot "fou" dans le titre. Et en plus ça reposait sur des faits avérés. C'est tout à fait excitant pour un projet de cinéma. Après, c’est dans le travail avec Cédric Anger que j’ai essayé de dégager les lignes qui me paraissaient les plus intéressantes à partir de cette matière documentaire. Principalement, la création et la naissance de Suzanne, à partir du personnage de Paul le déserteur, qui se réfugie chez sa femme, Louise. La fabrication de Suzanne, ça va entièrement transformer leur existence et leur relation conjugale. Et là ce sont les chemins d’une aventure tout à fait inédite que ce couple va emprunter. Ils vont marcher vers l’inconnu."
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La bande annonce...
 

 
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