lundi 29 décembre 2014

WHIPLASH - Damien CHAZELLE (Réalisation & Scénario) - Etats-Unis - (au Pathé Beaugrenelle)

Encore une violente confrontation entre deux hommes...
et
Où il est prouvé que la musique n'adoucit pas forcément les mœurs...
ÇA VA JAZZER DUR !
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4,5 / 5
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Pour cette éblouissante et terrible confrontation entre un batteur et son "prof" de musique...
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Andrew est un jeune élève batteur très ambitieux : il va tout faire pour être dans les meilleurs...
Il ira jusqu'à rompre avec sa petite amie :
 "Je veux être excellent.....Je veux être un des grands et ça va me prendre de plus en plus de temps, donc on ne peut plus être ensemble..."
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Fletcher est le "prof" terrifiant, sadique même ? Pas si sur, mais il aspire au mieux pour ses élèves et cherche à les pousser au-delà de leurs limites :
"Il n'y a pas de mots plus blessants que "bon travail"...
"Je pousse les gens au-delà de ce que j'attends d'eux. C'est une nécessité absolue..."
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Deux comédiens impressionnants, totalement investis dans leurs rôles :
Miles Teller & J.K. Simmons...
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A part quelques rares encouragements, l'apprentissage de Andrew va se faire dans la douleur, la sueur, le sang même, les insultes, les moqueries, les humiliations....
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La réalisation est parfaitement maîtrisée, elle cerne au plus près les personnages et leur évolution au cours du récit...
La dernière séquence est absolument fabuleuse, un véritable feu d'artifice visuel et musical... 
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Damien Chazelle, ancien batteur, s'est inspiré de sa propre expérience d'apprentissage musical :
«Quand j'étais batteur, j'ai eu un prof très sévère, mais il n'était pas aussi effrayant que dans le film. L'orchestre était très compétitif, et j'ai subi une grande violence psychologique.»
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Outre ses qualités dramatiques, le film est également un superbe hommage au Jazz (peut-être quelque peu délaissé...) et au travail de ses musiciens...
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Whiplash (Grand Prix et Prix du Public au Festival de Deauville 2014)
est le second long métrage de
Damien Chazelle
né en 1985
Réalisateur et Scénariste.
 
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dimanche 28 décembre 2014

LE TEMPS DES AVEUX - Régis WARGNIER (Réalisation & Scénario avec Antoine Audouard) - France/Belgique/Cambodge - (au Pathé Beaugrenelle)

En 1971, François Bizot, alors jeune anthropologue français, est capturé en 1971 par les Khmers rouges...
Il aura la vie sauve et sera libéré grâce à son geôlier Duch, un bourreau sanguinaire qu'il retrouvera de longues années plus tard lorsque Duch sera traduit en justice (poursuivi pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité, torture et meurtre avec préméditation)
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Il évoquera son étonnante détention et les évènements qui ont suivi dans deux livres :
"Le Portail" (prix des Deux Magots 2001)
et
"le Silence du Bourreau" (2011)
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Bravo à Régis Wargnier d'avoir su filmer avec justesse, sobriété, tact ce qui est.... inexplicable, inexpliqué !
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 4 / 5
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Une étrange confrontation donc entre un jeune prisonnier et son gardien dans un camp de détention...
Quelles raisons peuvent pousser Douch, le cruel geolier, à épargner, à protéger François, même après une tentative d'évasion ratée de ce dernier ?
Il finira d'ailleurs par le libérer au bout de quelques mois en lui disant :
"Grâce à moi, ta fille aura un père qui la verra grandir."
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Ils se retrouveront, plus de 30 après, au moment du procès de Douch...
A cet égard Régis Wargnier précise :
"Lorsque j’ai rencontré Bizot pour lui parler de mon projet d’adaptation, il m’a appris que les premiers mots de Douch, quand celui-ci a été arrêté dans le camp d’une organisation humanitaire, où il enseignait le catéchisme et les mathématiques aux enfants, furent ceux-ci : "je ne parlerai qu’à mon ami français"."
 
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Les deux interprètes, Raphael Personnaz et Kompheak Phoeurs, sont excellents...
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Bande annonce...
 

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Régis Wargnier
né en 1948 à Metz
Réalisateur, Scénariste, Producteur...
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Parmi ses longs métrages :
Est Ouest (1999)
Une Femme Française (1995)
et
le romanesque et très beau Indochine (1992 - Oscar du meilleur film étranger)
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mercredi 24 décembre 2014

JOYEUSES FÊTES DE FIN D'ANNEE

JOYEUSES FÊTES
 
AVEC
LES
COULEURS


DE 
MARC CHAGALL & ISMAËL COSTA
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lundi 22 décembre 2014

CUBA - BARACOA - PLAGE SAUVAGE & NOIX DE COCO (mars 2014)

Bien loin de Varadero et autres Guardalavaca...avec leurs hôtels de luxe, leurs parasols, leurs matelas, leurs touristes...
On peut encore découvrir à Cuba d'immenses plages à l'état complètement sauvage (pour combien de temps encore ?)...
Telle celle que nous surnommons la Plage aux noix de coco à Baracoa...
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Ce jour-là le soleil est timide et la mer agitée...

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Quelques habitants vivent (pauvrement) à proximité de la plage bordée de cocotiers...
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Partout des noix de coco et de coques séchées (utilisées comme combustibles)...
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Surprise et émotion de me trouver soudain face à deux hommes, l'un en train de déguster une noix, l'autre paisiblement assis...
Quelques mots échangés...
Je leur demande l'autorisation de faire des photos (qu'ils regarderont ensuite apparemment satisfaits) ...
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Menaçant avec sa machette et son couteau ? Non il prend la pose...
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Sourire timide esquissé...
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La vie de ces deux hommes est-elle appelée à changer ?
Le souhaitent-ils ?
Qu'espèrent-ils ?
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(PHOTOS JCMO)

samedi 20 décembre 2014

TIMBUKTU - Abderrahmane SISSAKO (Réalisation & Scénario) - Mauritanie/France - (au Pathé Beaugrenelle)

5 / 5
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Juillet 2012 des djihadistes entrent dans Tombouctou et vont faire régner sur les habitants un climat de terreur pendant plusieurs mois : port du voile, interdiction de la musique, des distractions même sportives, application de la charia, lapidation....
Le film se déroule pendant cette période et, à travers quelques personnages imaginés, nous montre avec force...
Comment les habitants peuvent résister aux interdits imposés par les occupants...
  Comment aussi ces derniers ont parfois un comportement humain, ce qui rend leur cruauté encore plus terrifiante...
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Le film est violent mais il comporte aussi de purs moments d'émotion simple, de tendresse, de poésie, d'humour, voire de burlesque...
De plus les acteurs sont remarquables et les images d'une beauté stupéfiante (habile contrepoint qui fait encore plus ressortir l'horreur...)
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Entre autres personnages : Kidane le touareg (Ibrahim Ahmed) aime la vie, la musique, sa femme, adore sa fille.
Epris de bonheur, il va voir son destin basculer...
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Abdderahmane Sissako :

"Je parle de ceux qui défoncent les portes des mosquées ou qui arrivent à Tombouctou sans même parler la langue du pays. Je crois qu’il faut que l’Afrique s’indigne plus fortement et plus souvent".
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« L'élément déclencheur a été la lapidation d'un couple, à Aguelhok. Il était important de montrer cela : un homme et une femme lapidés parce qu'ils s'aimaient et avaient eu deux enfants sans être mariés. Personne n'avait parlé d'eux en Occident, alors que, le jour même de leur lapidation, plusieurs caméras étaient braquées sur un magasin pour filmer le premier client sortant avec un nouveau modèle de téléphone mobile. La superficialité du monde dans lequel nous vivons m'imposait de traiter ce sujet avec gravité. »
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Abderrahmane Sissako
né en 1961
en Mauritanie
 
 
Le grand cinéaste africain est également l'auteur du très beau
Bamako (2006) :
 
 
 
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vendredi 19 décembre 2014

INFO - RAPPROCHEMENT ETATS-UNIS/CUBA : Espoir d'une autre vie ???

Selon un correspondant cubain après la double annonce de ce rapprochement historique,
"...le sentiment partagé était la joie, un soulagement, une espérance."
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"Sur le marché Charles 3, les clients ont découvert surpris que les grands écrans ne transmettaient pas de football, ni de vidéoclips, mais un discours de Raul Castro et par la suite celui d'Obama. La première allocution a provoqué une certaine stupéfaction, mais la deuxième fut accompagné de baisers lancés vers le visage du président des Etats-Unis...Un autre cri "I love.." s'est fait attendre dans un coin."
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Un jeune ami de Viñales nous dit :
"Las mejores cosas suceden cuando menos las esperas"
(les meilleures choses arrivent quand on ne les attend plus)
Espérons qu'il ne sera pas déçu !
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Video AFP
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dimanche 14 décembre 2014

RETOUR A ITHAQUE - Laurent CANTET ( Réalisation - Scénario avec Leonardo PADURA) - France - (au Nouvel Odéon)

5 / 5
COUP DE COEUR !
Merci Monsieur Cantet
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Une terrasse à la Havane en fin d'après-midi : d'un côté l'infini de la mer et tout autour la présence de la ville avec les bruits de la vie...
C'est là qu'une bande de copains va se retrouver pour fêter le retour de l'un d'entre eux après 16 ans d'exil en Espagne...
Une femme et quatre hommes : ils ont entre 50 et 60 ans...
Pourquoi l'un d'eux est-il parti ?
Pourquoi les autres sont-ils restés ?
A travers leurs souvenirs, leurs échanges verbaux tour à tour amers, bouleversants, drôles, chaleureux, quelquefois vifs, c'est toute l'histoire récente de Cuba qui transparait : les espoirs envolés, les idéaux trahis, les angoisses pour la survie...
Au petit matin quand le jour se lèvera sur le Malecon il restera la force d'une amitié durable et émouvante... 
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L'histoire a été écrite par Laurent Cantet en collaboration avec le grand écrivain cubain
Leonardo Padura Fuentes voir ICI
Adaptation partielle (seul un personnage a été retenu) de son roman
"Le Palmier et l'Etoile" voir ICI
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La réalisation est sobre et efficace : elle cerne au plus près les personnages...
Les dialogues sont remarquables : ils sonnent toujours juste (nous avons entendu certaines répliques maintes et maintes fois lors de nos séjours là-bas)
De plus, dits par de fabuleux comédiens totalement impliqués dans leurs rôles, ils paraissent improvisés...
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Images :
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Nestor Jiménez, Isabel Santos, Jorge Perugorria, Fernando Hechavarria...
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Pedro Julio Diaz Ferran...
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L'exilé (Fernando Hechavarria)...

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Bande annonce ---) https://youtu.be/CPR21jkvgJU
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"Retour à Ithaque" devait être présenté au Festival de La Havane, mais il vient d'être déprogrammé sans explication...
Il ne sortira évidemment pas en salles, mais il circulera probablement sous le manteau : les Cubains sont passés maîtres dans le système D (par la force des choses...)
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Laurent Cantet :
"Aujourd'hui, je pense que les idéologies ont pratiquement disparu et qu'on en a parfois mesuré la vanité. Quand je suis à Cuba, ce qui me touche, c'est d'avoir le sentiment d'être dans une page d'un livre d'histoire, le sentiment qu'il y a une densité historique et que ce qui se joue à Cuba démultiplie ce qu'on peut éprouver en France ou ailleurs. J'ai l'impression qu'en parlant de Cuba, je parlais plus largement de choses que je pouvais partager avec les cubains, ces désillusions qu'on a tous pu éprouver à un certain âge en réalisant que les passions qui nous ont animés ne sont plus tout à fait les mêmes, ce que c'est que d'arriver à cinquante ans et les bilans qu'on peut faire à ce moment-là."
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Laurent Cantet
né en 1961
Réalisateur et Scénariste

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Dans sa filmographie :
Ressources Humaines (2000)
L'Emploi du Temps (2001)
Vers le Sud (2005)
Entre les Murs (Palme d'Or Cannes 2008)
Foxfire (2013)
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mercredi 10 décembre 2014

DORA BRUDER (1997) - Patrick MODIANO - France

De l'utilité des Prix Nobel (la cérémonie officielle de remise des prix a lieu ce jour à Stockholm)...
Dora Bruder 
Mon premier Modiano !
Je découvre bien tardivement, mais avec quel bonheur, un formidable "écrivain de la mémoire".
Tant pis si je perd ainsi toute chance de devenir un jour ministre de la Culture...
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C'est en 1948, alors qu'il travaillait sur des documents de l'époque de l'Occupation, que Modiano tombe sur une annonce parue dans un journal daté du 31 décembre 1941 :
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Des années plus tard il va retrouver trace de Dora et de ses parents dans le Mémorial de la déportation publié en 1978 par Serge Klarsfeld.
Tous les trois furent internés à Dachau. Aucun ne reviendra...
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L'auteur va alors se lancer dans une vaste enquête : recherche de témoins, de documents, visite des lieux où Dora a vécu...
Tout en nous contant son enquête pour faire revivre la jeune fugueuse, Modiano relie avec virtuosité l'histoire de Dora à son propre passé...
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L'écriture de Dora Bruder est sobre, claire, mais presque mélancolique, un peu comme hors du temps.
Les phrases sont souvent courtes, quelquefois sans verbe.
La "structure" du livre est étonnante : une phrase peut réapparaître mais sous une forme différente, un peu comme un thème musical est repris dans une symphonie...
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Extraits
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"..Une photo de forme ovale où Dora est un peu plus agée treize, quatorze ans, les cheveux plus longs - et où ils sont tous les trois comme en file indienne, mais le visage face à l'objectif : d'abord Dora et sa mère, toutes deux en chemisier blanc, et Ernest Bruder, en veste et cravate..." 

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"Il faudrait savoir s'il faisait beau ce 14 décembre, jour de la fugue de Dora. Peut-être l'un de ces dimanches doux et ensoleillés de l'hiver où vous éprouvez un sentiment de vacance et d'éternité - le sentiment illusoire que le cours du temps est suspendu, et qu'il suffit de se laisser glisser par cette brèche pour échapper à l'étau qui va se refermer sur vous."
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"La fugue –paraît-il- est un appel au secours et quelquefois une forme de suicide. Vous éprouvez quand même un bref sentiment d’éternité. Vous n’avez pas seulement tranché les liens avec le monde, mais aussi avec le temps. Et il arrive qu’à la fin d’une matinée, le ciel soit d’un bleu léger et que rien ne pèse plus sur vous. Les aiguilles de l’horloge du jardin des Tuileries sont immobiles pour toujours. Une fourmi n’en finit pas de traverser la tache de soleil."
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"On avait imposé des étoiles jaunes à des enfants aux noms polonais, russes, roumains, et qui étaient si parisiens qu'ils se confondaient avec les façades des immeubles, les trottoirs. Comme Dora Bruder, ils parlaient tous avec l'accent de Paris, en employant des mots d'argot dont Jean Genet avait senti la tendresse attristée." 
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  • "Ce sont des personnes qui laissent peu de traces derrière elles. Presque des anonymes. Elles ne se détachent pas de certaines rues de Paris, de certains paysages de banlieue, où j'ai découvert, par hasard, qu'elles avaient habité. Ce que l'on sait d'elles se résume souvent à une simple adresse. Et cette précision topographique contraste avec ce que l'on ignorera pour toujours de leur vie - ce blanc, ce bloc d'inconnu et de silence."

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    "Peut-être ai-je voulu qu'ils se croisent, mon père et elle, en cet hiver 1942. Si différents qu'ils aient été, l'un et l'autre, on les avait classés, cet hiver-là, dans la même catégorie de réprouvés. Mon père non plus ne s'était pas fait recenser en octobre 1940 et, comme Dora Bruder, il ne portait pas de numéro de "dossier juif". Ainsi n'avait-il plus aucune existence légale et avait-il coupé toutes les amarres avec un monde où il fallait que chacun justifie d'un métier, d'une famille, d'une nationalité, d'une date de naissance d'un domicile. Désormais il était ailleurs. Un peu comme Dora après sa fugue."

  • "J'avais fini par me persuader que c'était en ce glacial et lugubre mois de février où la Police des questions juives tendaient des traquenards les couloirs du métro, à l'entrée des cinémas ou de la sortie des théâtres, que Dora s'était fait prendre."
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  • "J'étais pris de cette panique et de ce vertige que l'on ressent dans les mauvais rêves, lorsqu'on ne parvient pas à rejoindre une gare et que l'heure avance et que l'on va manquer le train."
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  • « Je me rends compte aujourd’hui qu’il m’a fallu écrire deux cents pages pour capter, inconsciemment, un vague reflet de la réalité. »
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    Patrick Modiano
    né en 1945 à Boulogne-Billancourt
    Une trentaine de romans, le dernier
    "Pour que tu ne perdes pas dans le quartier"
    a été publié en octobre 2014.
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    Fin du remarquable discours prononcé par Modiano le dimanche 7 décembre devant l'Académie Nobel :

    ""Vous avez eu l’indulgence de faire allusion concernant mes livres à « l’art de la mémoire avec lequel sont évoquées les destinées humaines les plus insaisissables ». Mais ce compliment dépasse ma personne. Cette mémoire particulière qui tente de recueillir quelques bribes du passé et le peu de traces qu’ont laissé sur terre des anonymes et des inconnus est elle aussi liée à ma date de naissance : 1945. D’être né en 1945, après que des villes furent détruites et que des populations entières eurent disparu, m’a sans doute, comme ceux de mon âge, rendu plus sensible aux thèmes de la mémoire et de l’oubli.
    Il me semble, malheureusement, que la recherche du temps perdu ne peut plus se faire avec la force et la franchise de Marcel Proust. La société qu’il décrivait était encore stable, une société du XIXe siècle. La mémoire de Proust fait ressurgir le passé dans ses moindres détails, comme un tableau vivant. J’ai l’impression qu’aujourd’hui la mémoire est beaucoup moins sûre d’elle-même et qu’elle doit lutter sans cesse contre l’amnésie et contre l’oubli. À cause de cette couche, de cette masse d’oubli qui recouvre tout, on ne parvient à capter que des fragments du passé, des traces interrompues, des destinées humaines fuyantes et presque insaisissables.
    Mais c’est sans doute la vocation du romancier, devant cette grande page blanche de l’oubli, de faire ressurgir quelques mots à moitié effacés, comme ces icebergs perdus qui dérivent à la surface de l’océan.""
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