jeudi 22 février 2018

JUSQU'À LA GARDE - Xavier LEGRAND (Réalisation et Scénario) - France - au Gaumont Convention (20.02.2018)

Lion d'argent du meilleur réalisateur à la Mostra de Venise...
 La tragédie d'une famille plongée dans la violence.
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4,5 / 5
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Synopsis :

"Le couple Besson divorce. Pour protéger son fils d’un père qu’elle accuse de violences, Miriam en demande la garde exclusive. La juge en charge du dossier accorde une garde partagée au père qu’elle considère bafoué. Pris en otage entre ses parents, Julien va tout faire pour empêcher que le pire n’arrive."
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Antoine le père, ayant finalement pu obtenir la garde partagée de son fils mineur Julien (sa fille Joséphine est majeure), va profiter de la situation pour tenter de renouer avec Miriam qu'il considère toujours comme sa femme.
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Xavier Legrand explique :


"La peur est à l'origine de Jusqu'à La Garde. La peur que suscite un homme prêt à tout pour retrouver la femme qui veut se séparer de lui et fuir son extrême violence. Le personnage d'Antoine, interprété par Denis Ménochet, est une menace permanente pour ses proches. Il met son entourage sous tension, il n'entend que sa douleur, il est prêt à manipuler quiconque, y compris ses enfants. Les femmes qui ont subi des violences conjugales, comme celle jouée par Léa Drucker, sont tout le temps en alerte, elles savent que le danger peut surgir de n'importe où, n'importe quand, et n'épargner personne." 
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De l'étonnante et fascinante séquence d'ouverture dans le bureau de la juge qui doit se prononcer sur la garde de Julien...
Jusqu'à la terrifiante scène finale...
Le metteur en scène réussit à garder constamment le spectateur sous tension !
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La réalisation est très sobre (on pense parfois à un documentaire) et la direction d'acteurs tout a fait remarquable.
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Lea Drucker est Miriam : la mère enfermée dans une angoisse permanente...


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Thomas Giora est Julien : l'enfant déchiré et piégé qui veut protéger sa mère...



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Denis Ménochet (prodigieux) est Antoine le père : un pathétique "bloc de violence" capable d'affection...


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Dans la bureau de la juge...


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Julien et Antoine...


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BANDE ANNONCE ET EXTRAIT

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Xavier Legrand
né en 1979
Réalisateur, Scénariste, Acteur.
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"Jusqu'à la Garde"
 est le premier long métrage de Xavier Legrand qui a obtenu en 2013 le César du meilleur court métrage de fiction pour
"Avant que de tout perdre"



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vendredi 16 février 2018

VENISE (juillet 2017) - AU FIL DES EXPOSITIONS - San Giorgio Maggiore - PISTOLETTO et Cie...

Même en période de Biennale, San Giorgio Maggiore c'est plutôt calme et la vue y est magnifique...


Entre autres manifestations, l'exposition "Michelangelo Pistoletto: un et un fait trois" tient la vedette (j'ai bien aimé)...



Elle regroupe, dans la Basilique et ses espaces adjacents, une importante sélection d’œuvres du pionnier du mouvement "L'arte Povera" (voir ici)
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Avant de partir :
Un petit clin d'oeil sur l'installation de l'américaine Pae White...



  Puis, avant de prendre le vaporetto, un dernier regard vers San Marco et le Palais de Doges...


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(photos JCMEMO)
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Michelangelo Pistoletto
né en 1933...



voir ICI
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Pae White
née en 1963

voir  ICI

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lundi 12 février 2018

L'ÉLIXIR D'AMOUR ( 1832 ) - Gaetano DONIZETTI (1797-1848) - En direct du MET Opéra de New York (10.02.2018) - au Pathé Beaugrenelle

Où il est question d'un philtre d'amour, tout comme dans Tristan...
Mais avec une fin quelque peu différente !
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Un livret plaisant et astucieux...
Une musique virevoltante, pétillante, tendre aussi parfois...
Dans
 l'Elixir d'amour,
 on passe du rire au sourire, à la mélancolie parfois : 
Une incontestable réussite de l'opéra bouffe...
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Une soirée bien agréable que nous a offert le Met :

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La direction musicale était assurée par le chef vénézuélien Domingo Hindoyan qui a mené l'orchestre du Met "tambour battant"...
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Une bonne distribution :



Adina était interprétée par la jeune soprano sud-africaine Pretty Yende parfaitement à l'aise tant scéniquement que vocalement avec la fraîcheur de sa jolie voix.
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L'américain Matthew Polenzani était Nemorino : un rôle qu'il a souvent chanté de sa belle et puissante voix de ténor.


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Bonne prestation également du jeune baryton italien (Belcore)...


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La surprise de la soirée a été pour moi le baryton- basse italien Ildebrando Arcangelo qui réussit, par une interprétation époustouflante, à transformer et faire passer au premier plan le rôle (secondaire) de Dulcarama...


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Matthew Polenzani chante le célèbre  "Una furtiva lagrima"
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Duo du second acte Yende et d'Arcangelo ----) ICI
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Remarque : je crois qu'il vaut mieux oublier la production scénique de Bartlett Sher, avec notamment ses décors plutôt minables....

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-Voir ICI
l'Elixir d'amour au Met en 2012 avec déjà Polenzani entouré de Netrebko, Kwiecien, Maestri sous la direction de Maurizio Benini

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vendredi 9 février 2018

WONDER WHEEL - Woody ALLEN (Réalisation et Scénario) - Etats-Unis - au Pathé Beaugrenelle (04.02.2018)

La vie rêvée et la vraie vie !
Un film sombre, cruel...
 "C'est un pur drame" confirme Woody Allen...
Excellent cru d'un de mes cinéastes préférés dont on dit parfois qu'il fait toujours le même film !
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5 / 5
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Synopsis :


"Wonder Wheel croise les trajectoires de quatre personnages, dans l'effervescence du parc d’attraction de Coney Island, dans les années 50 : Ginny, ex-actrice lunatique reconvertie serveuse ; Humpty, opérateur de manège marié à Ginny ; Mickey, séduisant maître-nageur aspirant à devenir dramaturge ; et Carolina, fille de Humpty longtemps disparue de la circulation qui se réfugie chez son père pour fuir les gangsters à ses trousses."
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Dés les premières images j'ai senti que j'allais aimer ce film, une histoire dramatique qui se déroule à Coney Island dans l'immense parc d'attractions, un univers festif aux couleurs flamboyantes....
Woody Allen nous dit :


"Quand je suis né, l’époque florissante de Coney Island était déjà révolue depuis un bon moment, mais c’était encore un endroit magique pour moi, confie-t-il. Ce lieu m’a toujours impressionné. Il y avait là une faune de gens hallucinants et il s’y passait des choses étonnantes. On sentait qu’une énergie folle s’en dégageait. Je me suis dit que c’était un environnement hors du commun – et passionnant – pour y situer un film."

 C'est dans ce décor insolite, à la fois féerique et  désuet, sublimé par la superbe photographie de Vittorio Storaro, qu'évoluent les personnages  vulnérables, tourmentés, "compliqués", de ce magnifique drame humain...
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Ces personnages donc qui cherchent à s'échapper de leur quotidien, qui rêvent d'une autre vie, mais qui vont finalement rester prisonniers de leur destin, tout comme la grande roue de Coney Island qui tourne, tourne inexorablement et toujours de la même manière...
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Outre sa maîtrise de la réalisation Allen confirme qu'il est un remarquable directeur d'acteurs, en l'espèce tous épatants :
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Jim Belushi est Humpty, le mari de Ginny : il aime sa femme qui ne le lui rend guère...

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Juno Temple est Carolina, la fille de Humpty : elle se réfugie chez son père pour échapper aux poursuivants envoyés par son ex-mari...


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Justin Timberlake est Mickey, le maître nageur qui rêve d'une carrière littéraire : il est également le narrateur du film...


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Kate Blanchet est bluffante dans le rôle de Ginny, une femme complexe qui souffre (une scène finale délirante évoque la Blanche Dubois d'Un tramway nommé Désir de Tennessee Williams)...


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Woody Allen
né en 1935 à New-York
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Une cinquantaine de films à son actif !


Sur ce blog voir notamment (en cliquant)  Magic in the Moonlight (2014)

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mercredi 7 février 2018

MANIERE DE VOIR n°157 - PALESTINE, Un peuple, une colonisation - (Le Monde diplomatique)

PALESTINE
Un peuple, une colonisation
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Reconnue par 135 pays,
Admise à l'Organisation des Nations Unies comme "Etat observateur non-membre" (c'est à dire sans droit de vote), 
La Palestine est-elle un Etat souverain ?
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Ce numéro absolument passionnant nous aide à mieux comprendre la situation extrêmement complexe de la Palestine dans tous ses aspects (historique, politique, économique...)
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24 articles de fond répartis en trois grandes sections,
Nombreuses annexes,
Superbe iconographie...
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Extraits de remarquable éditorial de Akram Belkaïd et Olivier Pironet :


"La décision, le 6 décembre 2017, du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem en tant que capitale d’Israël n’a pas simplement remis en cause un statu quo en vigueur depuis plusieurs décennies à propos du statut de la Ville sainte. Elle a aussi souligné la duplicité de nombre de gouvernements arabes. Certes, aucun d’entre eux n’a manqué de voter en faveur de la résolution de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) qui a (implicitement) condamné l’initiative américaine. De même, la Ligue arabe envisageait de demander à l’ONU la reconnaissance internationale d’un État palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale. Mais, au-delà d’un effet d’affichage, principalement destiné à leurs opinions publiques, Washington a bien pris note de l’absence d’autres manifestations concrètes de la réprobation des régimes arabes...........
Le fossé ne cesse de se creuser entre la population des territoires et ses dirigeants, accusés d’avoir failli à leur mission, de s’accrocher à leurs prérogatives et privilèges au détriment de l’intérêt national et de n’offrir aucune perspective à leur peuple. Au pouvoir depuis près de quinze ans, M. Mahmoud Abbas, dont le mandat présidentiel, arrivé à échéance en 2009, a été prolongé arbitrairement jusqu’à la tenue d’élections repoussées sine die, cristallise les critiques."
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Cueillette des olives près de Ramallah (Rula Halawani, septembre 2007)...


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1 - Une Guerre de cent ans...

"Depuis plus d’un siècle, les relations entre Juifs et Arabes sont placées sous le sceau de la confrontation. Après la création de l’État d’Israël, l’antagonisme a tourné à l’avantage des premiers, vainqueurs de plusieurs affrontements militaires. Pour les Palestiniens, et malgré une résistance opiniâtre, l’histoire contemporaine se confond avec une longue liste de revers et de droits bafoués."
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2 - Resistances...



"Pour les Palestiniens, vivre sous la domination israélienne est synonyme de combats pour défendre leurs droits. C’est aussi une expérience qui attise les rivalités et les divisions politiques, surtout quand la violence, parfois fratricide, prend le dessus. Porte-voix officiel des aspirations de son peuple, l’Autorité palestinienne est vouée à un écart constant entre condamnation de l’occupant et politique conciliatrice, notamment sur le plan sécuritaire." 
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3 - Une Question Internationale...


"Le conflit israélo-palestinien n’a jamais cessé de mobiliser la communauté internationale. « Parrains » du processus de paix, soutiens arabes aux Palestiniens, alliés occidentaux des Israéliens, États lointains mais solidaires d’une nation palestinienne opprimée en laquelle ils se reconnaissent... ce dossier aux multiples ramifications — juridiques, diplomatiques, politiques, humanitaires, etc. — ne laisse presque personne indifférent. "
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lundi 5 février 2018

LA DOULEUR - Emmanuel FINKIEL (Réalisation et Scénario) - France - au 5 Montparnos (02.02.2018)

Oppressant
Sobre
Magnifique
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5 / 5
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Synopsis :

"Juin 1944, la France est toujours sous l’Occupation allemande. L’écrivain Robert Antelme, figure majeure de la Résistance, est arrêté et déporté. Sa jeune épouse Marguerite, écrivain et résistante, est tiraillée par l'angoisse de ne pas avoir de ses nouvelles et sa liaison secrète avec son camarade Dyonis. Elle rencontre un agent français de la Gestapo, Rabier, et, prête à tout pour retrouver son mari, se met à l’épreuve d’une relation ambiguë avec cet homme trouble, seul à pouvoir l’aider. La fin de la guerre et le retour des camps annoncent à Marguerite le début d’une insoutenable attente, une agonie lente et silencieuse au milieu du chaos de la Libération de Paris."

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Je ne connais pas le récit de Marguerite Duras qui a permis à Emmanuel Finkiel de réaliser un film exceptionnel, magnifiquement interprété...
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Mélanie Thierry, constamment crédible dans le rôle de Marguerite, est époustouflante...


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Benoit Magimel (Rabier)...
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Benjamin Biolay (Dionys)...
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Belle opportunité pour découvrir le livre de Duras...


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"J'ai retrouvé ce journal dans deux cahiers des armoires bleues de Neauphle-le-Château.

Je n'ai aucun souvenir de l'avoir écrit.

Je sais que je l'ai fait, que c'est moi qui l'ai écrit, je reconnais mon écriture et le détail de ce que je raconte, je revois l'endroit, la gare d'Orsay, les trajets, mais je ne me vois pas écrivant ce Journal. Quand l'aurais-je écrit, en quelle année, à quelles heures du jour, dans quelles maisons? Je ne sais plus rien. [...]

Comment ai-je pu écrire cette chose que je ne sais pas encore nommer et qui m'épouvante quand je la relis. Comment ai-je pu de même abandonner ce texte pendant des années dans cette maison de campagne régulièrement inondée en hiver.
La douleur est une des choses les plus importantes de ma vie. Le mot « écrit » ne conviendrait pas. Je me suis trouvée devant des pages régulièrement pleines d'une petite écriture extraordinairement régulière et calme. Je me suis trouvée devant un désordre phénoménal de la pensée et du sentiment auquel je n'ai pas osé toucher et au regard de quoi la littérature m'a fait honte."
(Marguerite Duras) 

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Emmanuel Finkiel
né en 1961
Réalisateur, Acteur
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Ses longs métrages :


Je ne suis pas un salaud ((2016))
Je suis ((2012)
Nulle part terre promise (2009)
Voyages ((1999))

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